11 jours dans l’est du Congo

Du 22/04 au 05/05 j’ai eu l’avantage d’effectuer une mission de service à l’est de la RDC: Goma, Bunia, Butembo, Bukavu. C’était mon premier voyage dans cette partie de la République. Grande et agréable a été ma surprise en arrivant à Goma. Alors que l’avion se préparait à atterrir, la ribambelle des toits multicolores autour de la surface paisible des eaux du lac Kivu irradiaient une beauté qui existait aux antipodes des préjugés que j’apportais avec moi. Je m’attendais à découvrir une ville meurtrie. Elle se présentait à moi comme vivante et rayonnate.

La route de l’aéroport de Goma vers hotel Ihussi en passant par Blvd Kanyamuhanga a permis de voir la ville de plus près. Il y a bien toutes ces choses qui stigmatisent la misère dans nos villes, mais aussi beaucoup d’activités, une population cosmopolite, et quelques bijoux, comme l’hotel niché sur les berges du lac (voir photos).

De l’hôtel il était possible de voir les véhicules rouler à Gisenyi, au Rwanda voisin. J’ái ét’impressioné de voir la quantité de produits de consommation (jus, café, etc.) importés du et fabriqués au Rwanda. C’était là non seulement une indication de l’activité économique croissante de ce pays voisin, mais des éléments qui s’ajoutaient à d’autres observations et me confortait dans ma conviction que les peuples des deux pays ont besoin de la paix, rien d’autre. Il y a tellemet de progrès à réaliser en vivant dans la paix et l’harmonie. Tout autre cas de figure n’est que leurre éphémère. Je prie pour que la paix s’enracine et dure dans cette région, comme partout au Congo.

J’ai pu admirer à Goma le « Tshugudu », vélo de bois servant à transporter toutes sortes de charges. C’est le « pousse-pousse » de Goma. Impressionant lorsqu’il est chargé au maximum.

Ensuite, vol par petit porteur de TMK vers Bunia avec une escale aéroportuaire à Butembo (j’y reviendrai!). La piste de l’aéroport de Butembo est en terre, et couvert de boue car il pleut. Le vol de Goma à Butembo était très agité. Des grandes secousses tel aue je ne me souviens pas en avoir connu par le passé. Il faut dire qu’il y avait un fort orage’à l’extérieur. En plus ces petits avions ne volent qu’à 3500 mètres, contrairement aux gros porteurs qui flirtent avec les 10.000 mètres… en volant si bas on reste dans les zones où les nuages sont denses et on ne peut que ressentir férocement les changements d’humeur de la voute céleste.
Pendant tout le vol j’ai fermemnt tenu le siège du fauteuil devat moi pour éviter toute surprise. Mon compagnon de voyage, voisin dans le vol, collègue de service, mon ami Jean-Pierre Tshidibi était un habitué de ce vol. Il regardait mon malaise d’un air amusé, ses bras croisé sur sa poitrine. Je ne comprenais que trop bien son air amusé de défi et avais résolu de lui concéder cette victoire lorsque dans une fraction de seconde l’avion tomba, j’aurai dit d’une dizaine de mètres. Dans un mouvement de panique, JP chercha un appui et s’accrocha… des deux mains… serrées très fort… au cou de son voisin de devant… qui avait réussi l’exploit de dormir malgré les trous d’air. Un super habitué, quoi! Inutile de dire que pour le reste du vol, JP a fait comme moi: une main fermement arrimée au siège de devant.

Bunia! pas de route asphaltée, une population apparement très pauvre. très forte présence de la MONUC et de différentes ONG humanitaires internationales. Il me semble avoir vu à Bunia plus d’ONG qu’à Kinshasa. Bobo Lukumu de la Getraco nous a acceuillis à l’aéroport et nous a conduits à l’hotel. Pendant tout le séjour de bunia, JP et moi avons circulé exclusivement à moto car les taxi à 4 roues sont rarissimes. Il fallait etre rentré à l’hotel avant 18h, pour des raisons de sécurité.

J’ai découvert à Bunia un arbre, de taille et apparence proches du goyavier, et que j’ai d’ailleurs au départ pris pour tel. Ses fruits sont néanmoins plus gros et différents de la goyave, lorsqu’on y regarde de plus près. Puisque les ouvriers travaillant à la construction de la FS Aero (j’ai pour la première fois vu l’árbre et son fruit dans la parcelle voisinne) m’avaient dit que le fruit était comeestible, je m’en suis fait procurer quelques uns dans un sachet. J’en ai mangé un à l’hotel (pulpe sucrée!). Mon objectif était de sauver les graines pour les replanter à Kinshasa. On m’apprendra ensuite que les graines ne se développent pas lorsqu’on les plante. Je vais donc décider de me procurer une jeune plante grâce à la très aimable assistance de Jacques, gérant de la future FS Aero. Malheureusement, nous avons quitté Bunia en catastrophe pour éviter de perdre deux jours (sans plus grand chose à faire car la station avait maintenant tout pour commencer à vendre). Cela ne m’avait pas laissé assez de temps pour conditionner ma jeune plante. Je l’ai donc confié à Bobo qui m’a promis de l’amener à Kinshasa dans les 48 heures. J’aurai donc dû trouver cette plante à Kinshasa à mon retour mais aujourd’hui, 2 mois après, ma plante n’a jamais quitté Bunia. Je pense même qu’elle est déjà morte et n’a jamais été remise en terre comme le prétend Bobo. Je ne sais pourquoi je ne suis ni étonné ni faché que Bobo n’ait pas honoré sa parole.

J’ai découvert à Bunia une sociéte agricole nommée Green House. Ils opèrent une serre sur la route qui relie l’aéroport à la ville. J’y ai acheté des semences de légumes (tomates, chou, etc.) importées de thailande ou Vietnam (www.eastwestseed.com) et vendues bien moins cher qu’à kinshasa (1 USD le pack). Les platebandes à la maison sont déjà garnies.

Petite anecdote: des agents de l’administration locale des mines à Bunia nous ont exigé un jour de payer la taxe de « transformation des matières premières » car nous aurions tranformé le ciment en béton lors de la confection de la piste de la station. C’était selon toute vraissemblance une tentative de racket et nous n’avons pas cédé. Ces gens s’appuyaient sur un extrait du code minier qu’ils sortaient complètement de son contexte. J’avais néanmoins dû aller négocier dans leur bureau avec Bobo, avec en face de nous 7 inspecteurs des mines et 3 officiers de police.

Pas d’électricité à Bunia. A l’hôtel le groupe donnait de l’électricité seulement entre 18h et 22h.

Retour vers l’aéroport. en route vers Butembo. Nous avons été accueuilli par l’ingénieur responsable de
l’entrepreneur. Mr Julien Paluku. Un charmant monsieur. Un ancien de l’IBTP, et ancien étudiant de papa qu’il connait.Le chantier de Julien est conduit de manière professionelle. Nous avons séjourné à Cercle E’ngavo (voir photos). Beaux paysages et belles photos.

Butembo a ses tshugudu aussi. Ils sont dans la construction plus longs que ceux de Goma.

J’ai retrouvé à Butembo l’arbre de Bunia. Grace aux connaissances de JP et quelques recherches sur Internet, je sais maintenant que c’est un grenadier. Le jardinier de Cercle E’ngavo m’a aidé à me procurer une bouture que j’ai planté à la maison à Kin et qui pousse (photo). Je crois que je suis le premier planteur de grenadier à Kinshasa. Je vais propager cet arbre.

Cet arbre était connu depuis les temps anciens. Voici ce qui en est dit: « La Bible y fait plusieurs fois référence. On voit dans Exode 39:24-26 qu’elle était utilisée comme une décoration sur les robes des prêtres du peuple Hébreux. Aussi, la grenade fut utilisée comme décoration pour le temple de Salomon, qui fut construit par le roi Salomon à Jérusalem, vers l’an 950 AV-JC (voir 1 Rois 7:18-42 ainsi que 2 Chroniques 3:16 à 4:13). Finalement, il y a comparaison entre les seins d’une femme et le fruit du grenadier (voir Le Cantique des cantiques 4:3, 6:7 et 8:2). »  L’article complet de la Wikipedia dont cette citation a été tirée peut être trouvé ici http://fr.wikipedia.org/wiki/Grenade_(fruit)

Près de Cercle E’ngavo il y avait une école, l’institut Kambali. Superbe école. Grande. Belle construction en briques de terre cuite. Julien m’a dit que c’est la meilleure école de Butembo. De ces hauteurs on peut admirer la verdure du gazon et les couleurs châtoyantes des fleurs dans les parcelles des alentours. Il y a une conscience d’horticulture par ici.

Retour vers Goma puis Bukavu (une journée seulement). Beaucoup de boue à Bukavu. Mais la traversée du lac a offert de beaux paysages. Lors de la traversée vers Bukavu, dans le bateau j’ai découvert Phil Tshibanda, qui raconte bien la tragédie des Baluba lorsqu’ils ont été chassés du Katanga. C’était une tragédie pour tout le Congo. Cette histoire doit être racontée à tous nos enfants pour que pareil drame ne se répète jamais. A Bukavu nous avons séjourné à Coco Lodge. Un merveilleux et petit hotel (8 chambres seulement!) dont les visiteurs semblent être des touristes (tous blancs, sauf JP et moi) semblent être venu pour admirer les gorilles du parc de Kahuzi Biega. Le propriétaire de l’hotel semble aussi avoir dédié sa vie à la cause de ces gorilles. Leurs photos et histoires remplissent les murs et couloirs de l’hotel.

Rentré à Goma après Bukavu, j’ai repris mes jeunes plantes que j’avais laissé à FS Volcan (la bouture de grenadier de Butembo dans une botte de terre, un eucalyptus « escalamol » acheté dans une pépinière à Goma, deux « mizeetu » achetés au même endroit) puis suis allé à l’aéroport. Ce jour là, JP a dit «  »nous nous sommes levés à Bukavu, avons déjeuné à Goma, sommes arrivés à midi à Kisangani avant de passer la nuit à Kinshasa ». C’était une bonne aventure, surtout parce que nous avons pu faire avancer tous les projets de stations services qui étaient la raison de notre déplacement. Mon bonheur est devenu parfait au soir lorsque j’ai retrouvé Bibiche, chjez nous. Elle allait bien et a bien gardé toute la maisonnée, en paarticulier nos deux bouillonants garçons.

Une Réponse

  1. Magnifique

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