Quelles opportunités l’impression 3D présente-t-elle pour un pays du tiers monde?

C’est un fait reconnu que le développement des pays du tiers monde se fait souvent par bonds, où au départ d’une technologie obsolète, différentes technologies sont « sautées » pour adopter / implémenter une « technologie moderne ».

Il y a quelques années, les Fab Labs du Professeur  N. Gerschenfeld (Centre for Bits and Atoms, MIT) ont représenté une percée fondamentale consistant, à l’aide du matériel et des logiciels du Fab Lab (encombrement physique de l’ensemble: un petit container), à permettre à n’importe qui de fabriquer n’importe quel objet. Du moins, c’était (et c’est toujours) l’objectif des Fab labs. Un autre objectif du Fab Lab est d’être auto-réplicable: un Fab Lab devrait en théorie être capable de fabriquer toutes les pièces nécessaires à la mise sur pied d’un autre Fab Lab. Les objets que le Fab Lab peut fabriquer sont de plus en plus complexes et précis. Je ne suis pas au courant de Fab Lab déployé en RDC mais je sais par exemple que la technologie a été testée, avec beaucoup de satisfaction, au Ghana et en Afrique du Sud.

Moi je rêve toujours de télécharger des croquis de vêtement d’Internet, de les charger dans une machine à coudre intelligente alimentée par ailleurs avec les intrants nécessaires (tissus, fils, boutons, etc.), et regarder venir à l’existence mes vêtements pendant que je sirote mon breuvage préféré… Les Fab labs ne le sont pas encore.

A mon avis le principal obstacle à une large adoption du Fab Lab reste sont prix qui monte à quelques dizaines de milliers de dollars US.

L’impression 3D que j’ai découverte comme une petite bulle il y a quelques années est une technologie qui a vite maturé et promets de se consolider davantage dans le futur. Une imprimante 3D typique est une machine portable qui connectée à un ordinateur, permet de construire un objet 3D physique réflétant les propriétés géométriques d’un « objet » dessiné dans l’ordinateur, le plus souvent un objet de CAO / DAO. L’objet ainsi « imprimé » est le plus souvent constitué de couches de résine déposée successivement. On ne peut pas comparer les imprimantes 3D aux Fab Lab (ces deux technologies ne sont tout simplement pas comparables. Les Fab Lab sont par exemple munis de scanners 3D et de machines-outils contrôlées numériquement donnant une vraie capacité de fabrication matérielle sur différents types de matériaux, y compris le métal), mais le faible coût relatif des imprimantes 3D et les possibilités qu’elles ouvrent font tout simplement rêver.

Je me demande alors si l’impression 3D, ainsi qu’un meilleur accès d’Internet (accès aux design libres; partage et collaboration) peuvent être à la base d’un nouveau modèle manufacturier dans les pays du tiers monde où le besoin de transcender les limites infrastructurelles est endémique.

A la première occasion je m’offrirai une imprimante 3D. Je pourrai peut être aussi me faire plaisir en fabriquant une (plusieurs imprimantes 3D Open Source se prêtent déjà à cet exercice: RepRap –http://reprap.org/wiki/RepRap-, Tantillus –http://www.tantillus.org/Home.html-, Ultimaker –https://www.ultimaker.com/– pour en citer quelques uns)…

Ou mieux encore: si vous avez l’idée de m’offrir un cadeau à Noël ne cherchez pas plus loin 🙂

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